Patates sous paillis, ou le jardin en devenir de Marie-Pierre

Pour les curieux d’un jardinage différent, voici l’expérience 2016-2017 de Marie-Pierre, qui vit à Sainte Foy de Peyrolières en Haute Garonne :

un morceau de pré (de 10 m par 2,10 m) qui, sans retournement du sol, juste avec des apports de matériaux, paille, foin, fumier et bâche…deviendra son carré de pommes de terre.

Elle nous relate avec humour et émotion les moments forts de la transformation de son terrain jusqu’à la plantation toute récente des pommes de terre.

Voici son journal de bord.

1ère partie

« Au mois d’août 2016, j’ai démarré mon futur potager. Mon terrain n’avait pas été travaillé depuis de longues années.

Voici comment il était à cette époque!

Mon mari l’a fauché, et j’ai commencé à préparer sur un sol à peu près comme celui-ci :

Je ne l’ai absolument pas retourné, n’ayant aucun outil pour ça et la terre étant très dure.

 

 

 

J’ai donc mis directement sur l’herbe une couche de crottin de cheval récupéré chez le voisin, des feuilles de chêne et châtaignier en décomposition ramassées dans les bois, une bonne épaisseur d‘herbe fauchée

et enfin une bâche en plastique noir.

Voilà à quoi il ressemble :

La pluie s’est enfin mise à tomber

et aujourd’hui, nous sommes à la mi-janvier, j’ai décidé de commencer à le travailler.

J’avoue que j’avais un peu peur du résultat, car sans retourner le sol au préalable, je m’étais dit que la 1ère année je ne pourrais rien planter.

Mais la nature est fantastique.

En soulevant la couche de paille, j’ai constaté que le terreau avait démarré. Après quelques coups de binette (la grelinette va bientôt arriver) l’herbe de dessous est venue sans problème. J’ai mélangé délicatement et j’ai remis la couche de paille.

Voilà ce que donne ce début de sol :

C’est merveilleux, d’autant plus que c’est arrivé avec vraiment un minimum de travail!

(Résultat obtenu au bout de 5 mois avec 5 jours de « gros efforts » et l’aléa de la sécheresse. Hier, 3/4h pour remuer la moitié du terrain et faire les photos. Comme tu vois, je ne suis pas une foudre de guerre !!!)

Je pense me lancer dans la patate en février

 

Bientôt, j’enverrai d’autres photos avec les plantations.


2ème partie

6 mars , ça y est, les patates sont plantées depuis ce matin.

Mon compte-rendu:

Le dernier week end de février, j’ai redémarré le travail au potager de pommes de terre. Etant enfin en possession d’une grelinette (enfin… « aérofourche »), je peux me lancer.

Premier test : je plante la grelinette dans ce qu’était mon terrain de départ…

puis dans le futur potager…

Et c’est parti pour 1h30 de travail (montre en main).

Je n’ai pas fait que l’aérer.En effet, comme j’ai démarré directement sur une surface herbeuse bien épaisse, j’ai dû aller un peu plus en profondeur pour faire remonter les racines . La terre molle et la grelinette facilitent vraiment le travail.

Au passage, je rencontre quelques petits amoureux.

Il faut dire que la table est bonne...

Bon, à la fin, je me suis retrouvée avec un champ de bataille, mais je n’ai pas trop eu le choix.

Je n’ai pas vraiment retourné le sol. J’ai planté profond, soulevé et basculé la grelinette de droite et de gauche pour casser les blocs de racines.

Comme j’ai tout de même chamboulé le microcosme,

j’ai repaillé et laissé reposer une semaine

Au passage, il fait beau,  un petit coucou aux Pyrénées…

La semaine est passée.

Ce matin, c’est séance plantation patates.

Bon… c’est de la pomme de terre de récup. Elles font peur à voir… J’espère qu’elles vont donner quelque chose.

J’ai légèrement travaillé le sol à la serfouette pour finir de casser les grosses mottes qui gênaient. Il y avait beaucoup plus de vers et d’insectes que la semaine dernière.

Après avoir tracé quelques sillons, j’ai planté les patates.

Il pleut aujourd’hui, je n’ai pas eu besoin d’arroser (feignante jusqu’au bout!).

Quelques piquets pour se repérer et de la paille pour tenir au chaud parce que le matin il fait encore un peu frisquet.

J’espère que les lapins n’aiment pas les feuilles de patates. Nous ne sommes pas clôturés. S’ils sont trop gourmands, on ne va pas manger grand chose !

Rendez-vous dans quelques mois!

 


Je me permets d’ajouter un extrait du dernier courrier de Marie-Pierre , en date du 15 mars:

 » … Ce week-end, j’ai commencé à déposer de la paille dans un autre endroit du pré pour un nouveau rectangle.

On ne m’arrête plus ! « 

 

Eh oui, c’est ça la passion!!!

 

  2 comments for “Patates sous paillis, ou le jardin en devenir de Marie-Pierre

  1. 16 mars 2017 at 16 h 27 min

    j’ai l’an passé fait des patates ainsi. Je les ai même mises directement en mars sur l’herbe broutée par les vaches durant l’hiver et mis dessus 10/15 cm de paille de boxes (paille + crottins). Aucune patate en juin mais en aout …. 4 plateaux de récolte sur un carré de 5*5 m ! Simplissime et hyper satisfaisant. Je viens de refaire cette année ..A suivre

  2. mcd
    16 mars 2017 at 19 h 33 min

    merci à Marie-Pierre pour ce partage et bravo pour sa ténacité.

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